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Funéraire : recruter ou succomber ?
 
Les crises successives, de la canicule de 2003 à la pandémie de la Covid-19 en 2020, en passant par l’actuelle épidémie de grippe, ont, une fois de plus, mis en lumière la vulnérabilité de notre système face aux afflux massifs de décès. Les hôpitaux déclenchent le plan blanc, et les professionnels du funéraire se trouvent souvent débordés, principalement en raison d’un manque de personnel qualifié. Malgré les efforts conjoints du législateur et des instances funéraires pour simplifier les démarches, améliorer les infrastructures et renforcer la formation des intervenants, la capacité du secteur à absorber ces vagues demeure fragile.

Les fédérations professionnelles telles que la Fédération Française des Pompes Funèbres (FFPF), la Fédération Nationale des Pompes Funèbres (FNF), l’Union du Pôle Funéraire Public (UPFP) et la Chambre Syndicale Nationale de l’Art Funéraire (CSNAF) s’efforcent de promouvoir l’attractivité du secteur en matière d’emploi. Cependant, les résultats de l’enquête Funérama 2023 du CRÉDOC révèlent une inquiétude croissante des opérateurs funéraires quant au recrutement de personnel qualifié, traduisant une réalité préoccupante pour l’avenir de la profession. 

Face à ces défis, il est impératif d’explorer des pistes probantes pour susciter de nouvelles vocations et renforcer la résilience du secteur. L’une des voies envisageables est l’amélioration des conditions de travail. Les métiers du funéraire sont exigeants, tant sur le plan physique que psychologique. Améliorer ces conditions permettrait de préserver la santé des salariés et de renforcer l’attractivité de ces professions. Comme le souligne Olivier Le Berre, expert en santé au travail, "améliorer les conditions de travail permet de préserver la santé des salariés, mais contribue également à la motivation des équipes et à l’attractivité du métier". 

Parallèlement, la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE) offre un cadre propice à la valorisation des métiers du funéraire. En intégrant des pratiques éthiques, environnementales et sociales, les entreprises peuvent non seulement répondre aux attentes sociétales actuelles, mais aussi attirer des talents sensibles à ces valeurs. L’UDIFE, par exemple, a mis en place un "Conseil des Jeunes" chargé d’aborder des thématiques telles que la RSE, la formation et l’innovation, afin de renforcer l’attractivité du secteur et d’engager une démarche durable avec les parties prenantes. 

La formation initiale et continue constitue également un levier essentiel. Une refonte des programmes pédagogiques, l’élévation des compétences des formateurs et une implication accrue des employeurs sont autant de pistes à explorer pour redynamiser l’attractivité du secteur. Les recherches et travaux universitaires peuvent, eux aussi, être des pistes intéressantes à exploiter… C’est très certainement avec cet objectif que la CSNAF, en partenariat avec le réseau "Les Morts", a lancé la 1er édition des "Prix de la recherche sur les rites et pratiques funéraires", dont le palmarès sera dévoilé, en novembre prochain, lors du salon FUNÉRAIRE PARIS 2025.

Enfin, il est crucial de valoriser l’image du secteur funéraire. Les métiers du funéraire sont des métiers de passion, propices aux reconversions professionnelles. Cependant, ils souffrent d’un déficit d’image, souvent caricatural, qui conduit à une crise du renouvellement générationnel et de l’emploi. Une communication transparente et valorisante, mettant en avant les valeurs d’accompagnement, de respect et de service aux familles, pourrait contribuer à changer les perceptions et à attirer de nouvelles vocations. Idem pour les métiers de l’art funéraire où, là encore, la CSNAF a mis en place de nombreux outils et autres actions afin de renforcer son plan média "Grand public".

En conclusion, face aux défis actuels, le secteur funéraire doit adopter une approche holistique, alliant amélioration des conditions de travail, intégration de la RSE, renforcement de la formation et valorisation de son image, pour susciter de nouvelles vocations et être en mesure de faire face aux situations les plus critiques. Comme le disait le philosophe Sénèque : "Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles." Osons donc relever ces défis pour construire un avenir serein pour notre profession.
 
Steve La Richarderie
Rédacteur en chef

Instances fédérales nationales et internationales :

FNF - Fédération Nationale du Funéraire FFPF - Fédération Française des Pompes Funèbres UPPFP - Union du Pôle Funéraire Public CSNAF - Chambre Syndicale Nationale de l'Art Funéraire UGCF - Union des Gestionnaires de Crématoriums Français FFC - Fédération Française de Crémation EFFS - European Federation or Funeral Services FIAT-IFTA - Fédération Internationale des Associations de Thanatoloques - International Federation of Thanatologists Associations